L’église de Saint-Germain

Inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1993

Située en bordure de Gartempe, l’église était une dépendance de l’abbaye de Saint-Savin, au XIIe s. Son décor de peintures murales, visible aujourd’hui, remonte au 3ème quart du XIXe s. Le chœur a reçu un décor de peintures polychromes ainsi que de surprenantes peintures en grisaille que l’on doit à Octave Pichault (1827-1907), originaire de Poitiers. Ces dernières, qui ont la particularité de donner l’illusion de bas-reliefs, mettent en scène la vie de Saint-Germain, évêque d’Auxerre. Elles se voient complétées par l’image d’un Christ, assis sur un trône accompagné de deux anges (voûte en cul de four) et par celles de deux figures de saints : un chartreux et Sainte-Geneviève (murs de la travée droite). Dans le cadre d’une restauration générale de l’édifice (2005-2009), le travail effectué sur les peintures (nettoyage de la couche picturale, consolidation de l’enduit, homogénéisation du décor,…) a fait ressurgir l’éclat des nuances de rose, sur lesquelles s’appuie l’illusion de relief, propre à la peinture en grisaille. Le travail de restauration, étendu aux peintures de la nef, a permis de redonner, en outre, une unité d’ensemble à la totalité du décor.

 

La grisaille

A la différence d’une peinture polychrome, la peinture en grisaille se définit par les nuances d’une même couleur (en général, le gris). Tout en s’appuyant sur des jeux d’ombre et de lumière, elle a pour effet de donner l’illusion du relief sculpté, à la scène représentée. On doit probablement cette technique aux sculpteurs qui cherchaient, dès le XIVe s., à rendre dans leurs dessins préparatoires l’impression de relief au moyen d’un clair-obscur très nuancé.

Cette église est ouverte en présence des guides conférenciers et sur réservation pour les groupes.

Renseignements: 05 49 84 30 00.

En dehors des permanences indiquées ci-dessous, possibilité de récupérer la clé contre une pièce d'identité auprès de l'Office de Tourisme de Saint-Savin (info et horaires: 05 49 48 11 00).

L'Octogone de Montmorillon

Classé Monument Historique en 1840

Autrefois chapelle de cimetière, la salle haute était le lieu de prières pour les défunts et la salle basse, l’ancien ossuaire, conservait les restes des chrétiens inhumés au fil des siècles. Cette architecture romane exceptionnelle s’inspirerait du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Jusqu’en 1854, la partie orientale possédait des peintures du Moyen-Age représentant les Vieillards de l’Apocalypse. Lors des restaurations de 1997 à 1999, l’analyse des surfaces de pierres a révélé des pigments ocres sur les ogives. Un décor de badigeon blanc et faux joints rouges de l’époque gothique, découvert sous les enduits du XIXe siècle, est toujours visible à la base du mur sud est.

 

Visites guidées sur réservation pour les groupes toute l'année.

Renseignements: 05 49 84 30 00.

Eglise Notre-Dame

Classée  Monument Historique en 1862

Située dans le  quartier du Brouard (cité de l’Ecrit), l’ancienne collégiale dépendait de l’abbaye de Saint-Savin. Construite à flanc de rocher, la crypte Sainte-Catherine porte le sanctuaire. Son décor peint à la fin du XIIe siècle relate quelques épisodes de la légende de la vierge martyre sainte Catherine d’Alexandrie. Trônant dans une majestueuse mandorle, une Vierge “Mère de tendresse” accueille le cortège des saintes femmes vénérant l’Enfant Jésus.

 

Les peintures de la crypte Sainte-Catherine (détails)

Le personnage, couronné par l’enfant, (probablement Sainte-Catherine) attire l’attention du visiteur par la couleur noire de son visage. Cette couleur est le résultat d’une altération chromatique.

D’autres figures féminines sont vêtues de longues robes, ayant la particularité de posséder de longues manches (voir celle placée à droite de la mandorle), que les femmes de l’aristocratie médiévale prenaient l’habitude de nouer, à la manière de la jeune femme, située à gauche.

Visites guidées sur réservation pour les groupes toute l'année.

Renseignements : 05 49 84 30 00.

L’église Saint-Divitien de Saulgé

L’ancienne église romane, qui dépendait de l’abbaye du Bourg-Dieu à Déols (Indre) présente un décor de peintures murales, réalisé en 1859, sous le pontificat de Pie IX (qui fut Pape de 1846 à 1878) et l’épiscopat de Monseigneur Pie (évêque de Poitiers de 1849 à 1880). En témoignent les inscriptions, découvertes lors de la restauration des peintures en 2009 : « 1859 Carré peintre à Saint-Savin » et « 1859 Perot plâtrier », qui nous indiquent aussi les noms de ceux qui sont intervenus sur ce chantier. Une diversité de motifs peints vient souligner l’architecture du chœur, remanié à des époques successives : damiers colorés, décors de rinceaux, motifs géométriques, objets liturgiques…

 

Les quatre Evangélistes

Dans le chœur de l’église, à la retombée des voûtes angevines, la peinture vient aussi souligner les formes données aux quatre symboles des Evangélistes : le lion de Marc, l’Ange de Matthieu, le taureau de Luc et l’aigle de Jean.  Au XIXe siècle, la figure du lion, probablement en mauvais état, fut confondue avec un personnage. A l’occasion de la dernière restauration (2009), sa vraie nature lui a été « redonnée » ; les contours de l’animal comme les poils de sa crinière ont été redessinés. Ainsi, il s’harmonise totalement avec les autres représentations des évangélistes (même si la tête du personnage fut conservée).

 

L'église paroissiale Saint-Divitien de Saulgé est ouverte librement tous les jours.

Visites guidées sur réservation pour les groupes toute l'année.
Renseignements: 05 49 84 30 00.

La chapelle Saint-Laurent

Classée  Monument Historique en 1984 (peintures murales, façade et clocher)

L’ancienne église monastique de la Maison-Dieu est devenue “chapelle” lorsque le petit séminaire s’installe dans les lieux à la suite de la période révolutionnaire. Le clocher et la façade, décorée d’une frise représentant l’Enfance du Christ, sont du XIIe siècle. Le petit séminaire fit appel à la Société d’Art Chrétien de saint Grégoire de Tours, pour la décoration intérieure de l’église : les ornements géométriques s’ajoutent aux thèmes iconographiques liés à la religiosité du XIXe siècle et couvrent la totalité des murs et des voûtes. Cette composition éclectique et “académique” datant du Second Empire (entre 1858 et 1870) est peinte a secco. Ces images de couleurs vives s’adressaient aux petits séminaristes en vue de leur mission future (ordination d’un clerc, envoi en mission des Apôtres …).

La fondation de la Maison-Dieu

De retour d’un pèlerinage en terre sainte au début du XIIe s., Robert du Puy, seigneur de Montmorillon consacre sa fortune à la reconstruction de la Maison-Dieu, fondée à la fin du XIe s. Des bâtiments monastiques et hospitaliers cohabitent pour la vie de la communauté des moines et des malades. L’hôpital monastère, relevé au XVIIe s. par les Augustins réformés de Bourges, deviendra petit séminaire au XIXe s. et le restera jusque dans les années 1960. L’ensemble se compose de plusieurs édifices.

 

Visites guidées sur réservation pour les groupes toute l'année.

Renseignements: 05 49 84 30 00.

La chapelle Sainte-Catherine de Jouhet

Classée  Monument Historique en 1908

Les peintures du XVe s. de la chapelle funéraire de Jouhet ont été réalisées à l’initiative de Pierre de Boschage, le curé fondateur de la chapelle et de Jean de Moussy, le seigneur de la paroisse. Un rapport étroit peut être établi entre les trois décors voisins d’Antigny (Chapelle Sainte-Catherine), de Boismorand (oratoire du Château) et Jouhet. Le commanditaire en est le même et des similitudes sont à relever quant au choix des sujets (cycle de l’Enfance du Christ, Jugement dernier…). Réalisé à sec, le programme peint de Jouhet fait la part belle au thème des Trois morts et des trois vifs qui occupe près de 20% de la surface peinte.

Par la qualité de leurs détails (joints de maçonnerie, sols parsemés de fleurettes…) et la diversité de leurs motifs (tentures de damas servant de fonds aux scènes…) - autant d’éléments rappelés à la surface du décor grâce aux restaurations effectuées en 2005 - les peintures de Jouhet constituent l’un des petits joyaux de la Vallée des Fresques.

 

La Rencontre des Trois vifs et trois morts 

Le récit des Trois morts et des trois vifs, présent dans la littérature du XIIIe s. narre la rencontre de trois jeunes et riches chevaliers avec trois morts qui s’adressent à eux. Les jouvenceaux entendent leur avertissement : « ce que vous êtes, nous l’avons été ; ce que nous sommes, vous le serez. » D’un caractère moralisateur, ce thème n’est pas sans rappeler celui de La Danse macabre, très présent aussi dans la peinture monumentale de la fin du Moyen-Age.

 

Cette église est ouverte en présence des guides conférenciers et sur réservation pour les groupes.

Renseignements: 05 49 84 30 00.

La clé est disponible au café "Val de Gartempe" contre droit d'entrée.

Café fermé le lundi: 05 49 91 73 33.

L’église Notre-Dame d’Antigny

Classée Monument Historique en 1913

Il faut souligner l’ancienneté du site sur lequel l’église a été construite au XIe s., sans doute même antérieurement. Cet emplacement - correspondant à l’actuelle place du village et à une grande partie du bourg - était celui d’une vaste nécropole, comme l’atteste la découverte de nombreux sarcophages mérovingiens. Une lanterne des morts (XIIIe s.) en perpétue le souvenir. L’église est située non loin de ce qui fut autrefois un sanctuaire d’une importante agglomération gallo-romaine et de l’ancienne voie militaire qui reliait Poitiers à Bourges, traversant la Gartempe au Gué-de-Sciaux.

L’église romane a fait l’objet de plusieurs remaniements au cours des siècles. Jusqu’au début des années 1990, les murs de la nef étaient entièrement recouverts d’un badigeon blanc tiré d’un faux appareillage. Plusieurs campagnes de restauration se sont échelonnées depuis cette date ; elles ont eu comme effet de mettre à jour plusieurs couches de peintures murales superposées. L’existence de ces décors, dont il a fallu étudier la nature, l’étendue et l’état de conservation a pu ainsi être révélée. Le plus discernable d’entre eux recouvre toutes les parois de la nef. Il est daté du XIVe s.

Les scènes du registre supérieur des murs nord et sud racontent certains épisodes de la vie du Christ alors que celles du registre inférieur se rapportent aux vies des saints (exemple : la Charité de Saint-Martin, mur nord). Le revers de la façade déploie une représentation d’un Jugement dernier.

 

La Chapelle Sainte-Catherine

Edifiée au début du XVe s., la chapelle Sainte-Catherine s’ouvre sur le chœur, au sud de l’église. Sa voûte en berceau brisé et ses murs ont reçu un décor, commandité par le seigneur Jean de Moussy (1433-1510), à la fin de ce même siècle. Le programme présente, dans un espace restreint, et de manière détaillée l’Enfance du Christ, la Passion, le Jugement dernier et le Christ en Majesté. Les peintures, classées Monuments historiques en 1875 et en 1913, ont été restaurées en 1985. Ce décor, d’une technique assez fruste, s’apparente par bien des aspects à l’art populaire. La scène de la « Rencontre des trois morts et des trois vifs » rappelle celle aussi peinte à Jouhet.

 

Cette église est ouverte en présence des guides conférenciers et sur réservation pour les groupes.

Renseignements: 05 49 84 30 00.

 

La vallée des fresques

Juillet & août : Permanences de 15h à 18h

Le dimanche 28 août, la permanence à l'église Notre-Dame de Montmorillon est annulée.

Merci de votre compréhension.

Lundi : Antigny // Eglise Notre-Dame

Mardi : Jouhet // Chapelle Sainte-Catherine

Mercredi : Montmorillon // Octogone

Jeudi : Saint Germain // Eglise Saint-Germain

Vendredi : Saulgé // Eglise Saint-Divitien

Samedi : Montmorillon // Chapelle Saint-Laurent

Dimanche : Montmorillon // Eglise Notre-Dame

Lundis, mardis, jeudis & vendredis : Visite promenade de Montmorillon. 2 euros / personne. Départ devant l'office de tourisme de Montmorillon à 15h

 

Longue de 206 km, la Gartempe prend sa source dans le département de la Creuse et se jette dans la rivière du même nom, à la Roche-Posay. En amont, la traversée des paysages granitiques où le lit de la rivière est encaissé provoque un flot quasi torrentiel entre les rochers escarpés, et à l’aval des « Portes de l’Enfer » à Lathus, la Gartempe devient plus sage, sur le relief moins accidenté du Poitou.

Edifiés sur 20 km le long de la Gartempe, en pays montmorillonnais, dix édifices civils et religieux viennent conjuguer leurs particularités pour constituer une route thématique, dénommée « Vallée des Fresques ». Leur dénominateur commun : la peinture murale, réalisée à des époques différentes.

 

Une tradition picturale

Les édifices religieux de la Vallée des Fresques se font l’écho d’une tradition qui consistait autrefois à orner les surfaces murales de décors peints. Des chantiers de peintres anonymes de l’époque romane aux auteurs connus d’une époque plus récente, se sont exprimés à travers de véritables cycles narratifs ou autres décors seulement simulés. Qu’elle se donne comme gage d’embellir le lieu sacré ou d’enseigner le religieux et le fidèle, la peinture murale rempli un double rôle didactique et décoratif. Ne se limitant pas à la représentation de personnages et de scènes narratives, elle ne constitue parfois qu’un décor, où apparaît souvent un répertoire de motifs très variés témoignant bien de la richesse d’un patrimoine, qu’il convient de conserver.

 

La restauration-conservation

Les restaurations qui se succèdent, depuis 2005 sur les différents édifices de la Vallée des Fresques (l’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe, l’église Saint-Germain de Saint-Germain, l’église Notre-Dame d'Antigny, la chapelle Sainte-Catherine de Jouhet, l’église Notre-Dame de Montmorillon, la chapelle Saint-Laurent de Montmorillon, l’octogone de Montmorillon, l’église Saint-Divitien de Saulgé) n’ont de cesse de toujours vouloir mettre en valeur ce prestigieux patrimoine en même temps que d’en parfaire la connaissance pour la transmission aux générations futures.

L’étude de l’état de conservation de la peinture (couche picturale et support), par le professionnel de la restauration est toujours nécessaire avant d’entreprendre toutes les opérations de consolidation des matériaux et celles visant à rendre à l’œuvre une meilleure lecture. Aujourd’hui, les restaurateurs tentent de stopper et de prévenir les dégradations en assurant le maintien des bonnes conditions de conservation. C’est ce que l’on appelle la restauration dite conservation.